L'entreprise s'engage, par des mesures appropriées, à maintenir dans l'emploi les salariés qui seraient reconnus travailleurs handicapés, ou ceux dont le handicap évolue, dans la mesure où les aménagements de postes ou les solutions de reclassement le permettent, sauf dispense expresse de reclassement du médecin du travail dans le cadre des dispositions légales applicables.
Pour rappel, la loi du 11 février 2005 inscrit la démarche de maintien dans l'emploi dans le cadre d'une compensation raisonnable.
Dans le cadre du handicap au travail, la compensation permet, dans la mesure du possible, de rétablir un équilibre, de réduire le désavantage subi par une personne dans son environnement de travail, en fonction des besoins et des conséquences du handicap. La compensation est une réponse individualisée qui implique pour l'employeur de mettre en œuvre les moyens nécessaires et proportionnés (par exemple en termes d'équipement du poste de travail, d'aménagements de l'organisation du temps de travail…).
Des solutions en adéquation avec les problématiques identifiées seront recherchées sur préconisations de la médecine du travail.
c) Adapter les conditions de travail
Les actions de développement des compétences, bien que nécessaires, peuvent ne pas suffire à garantir le maintien en poste dans de bonnes conditions des salariés en situation de handicap. Il convient, dans certains cas, de compléter ces actions par des aménagements spécifiques adaptés aux besoins individuels.
Dans ce cadre, les entreprises s'engagent à mettre en place divers types d'aménagements pour les salariés en situation de handicap. Elles feront appel aux services de santé au travail, notamment lors du recrutement, pour organiser une visite médicale permettant d'anticiper les aménagements nécessaires avant la prise de poste effective. Cela facilite l'intégration et prépare le cadre de travail.
Sous la coordination du référent handicap (ou groupe de référents, ou mission handicap), les actions d'adaptation ou d'aménagement du poste de travail seront réalisées avec le concours des services de santé au travail, et des services informatiques et techniques internes et en lien quand nécessaire avec des organismes extérieurs adaptés.
Ces mesures d'aménagement et de prévention en vue de favoriser le maintien dans l'emploi et la prévention des risques d'inadaptation des salariés handicapés, peuvent notamment prendre les formes suivantes :
Aménagement technique du poste de travail
Cette adaptation passe par l'équipement du poste avec du matériel adapté au handicap (ex. : dispositifs pour malvoyants, aides auditives, mobilier ergonomique, claviers et souris adaptés…).
Pour les postes à contraintes spécifiques, (outils informatiques, écrans…), une étude ergonomique sera réalisée pour identifier les ajustements nécessaires, les aptitudes requises, ainsi qu'à l'achat de matériel adapté selon la nature du handicap du salarié (clavier et souris adaptés, logiciel de grossissement de caractères, fauteuil adapté, bureaux réglables en hauteur…).
Le référent handicap (ou groupe de référents, ou mission handicap) coordonnera ces études en collaboration avec l'équipe de santé au travail, les acteurs RH de proximité, les managers et avec, le cas échéant, l'assistance d'un ergonome et de spécialistes externes.
Adaptation des horaires de travail
Sur recommandation du médecin du travail et en concertation avec le salarié en situation de handicap les entreprises porteront une attention particulière à adapter l'organisation du travail au regard des contraintes médicales identifiées et des rythmes de travail prescrits.
Aménagement du rythme et de la charge de travail
De la même façon elles porteront une attention particulière, suite aux recommandations de la médecine du travail, aux aménagements du rythme de travail compatibles avec les exigences de l'activité, comme :
– des horaires adaptés pour permettre les soins médicaux nécessaires ;
– des pauses aménagées ;
– la modulation de la durée d'utilisation de l'équipement (téléphone, écran informatique).
Le manager et l'interlocuteur RH du salarié seront informés par le médecin du travail des rythmes de travail prescrits et éventuelles restrictions et feront le nécessaire pour adapter au mieux l'organisation et/ou la durée du travail au regard des contraintes médicales identifiées et de l'organisation de l'entité.
Le manager, en lien avec l'interlocuteur RH, veillera à adapter la charge de travail et les objectifs du salarié en fonction des recommandations médicales. L'interlocuteur RH de proximité tiendra informé le référent handicap (ou groupe de référents, ou mission handicap) des aménagements organisationnels mis en œuvre au sein de l'entité à la suite des prescriptions émises par le médecin du travail.
Prévention des risques d'aggravation des inaptitudes et dispositifs de reclassement
Les entreprises mettent en œuvre des mesures visant à prévenir les risques de dégradation de l'état de santé des salariés en situation de handicap, et facilitent le reclassement si cela s'avère nécessaire.
Il s'agit de favoriser le développement de pratiques permettant l'accès à la formation en prenant en compte tout type de handicap : adaptation des rythmes, des méthodes et des outils.
Au-delà des conditions de travail, les postes de travail des personnes en situation de handicap doivent faire l'objet d'une adaptation permanente aux nouvelles méthodes de travail comme aux nouveaux métiers, matériels et outils.
d) Accompagner le développement des compétences
Les salariés en situation de handicap bénéficient d'un accès aux mêmes possibilités de formation que les autres salariés dans le cadre du plan de développement des compétences. De plus, tout salarié recruté en qualité de travailleur handicapé a droit à une formation adaptée.
Les demandes de formation liées au maintien dans l'emploi ou à un projet de reconversion professionnelle sont examinées prioritairement. La demande de formation sur le temps de travail ayant pour objet de développer des compétences du salarié via l'utilisation du compte personnel de formation sera acceptée à la première demande.
Les sessions de formation se dérouleront dans des conditions compatibles avec le handicap du salarié, et si nécessaire et en fonction des possibilités, des mesures correctives pourront être mises en place pour lever les obstacles d'accessibilité (ex. : adaptation des locaux, transports, hébergements, matériel informatique). Le manager prendra contact avec le référent handicap (ou groupe de référents, ou mission handicap) si des aménagements spécifiques sont nécessaires pour faciliter la participation du salarié aux formations.
Le développement des compétences constitue un pilier du maintien dans l'emploi des personnes en situation de handicap, leur permettant d'évoluer professionnellement tout au long de leur carrière. Les entreprises accompagneront également les démarches de validation des acquis de l'expérience (VAE) et de certification professionnelle, afin de soutenir la reconnaissance des compétences et l'employabilité des salariés handicapés.
Dans le cadre de la présentation annuelle du plan de développement des compétences les mesures de formation pour les salariés handicapés seront exposées au comité social et économique, de façon anonyme, en indiquant le nombre et la typologie des actions réalisées. Cette présentation traite exclusivement du nombre et du type de mesures prises (répartition des formations en catégorie 1 et 2).
Pour les entreprises disposant d'un accord handicap et d'une commission de suivi de celui-ci, le bilan des actions de formation sera présenté à cette commission.
e) Prendre en compte les évolutions technologiques
Les entreprises accorderont une attention particulière à la prévention des risques liés aux évolutions technologiques. Lors du déploiement de nouveaux outils, elles analyseront systématiquement les impacts sur les conditions de travail des salariés en situation de handicap. Si un impact est identifié, un plan d'action ou d'adaptation sera présenté à la commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT) du comité social et économique.
En cas de transformations importantes des métiers liées à l'évolution technologique, les personnes en situation de handicap bénéficieront d'un accompagnement et de formations spécifiques pour les aider à s'adapter à ces changements.
Les entreprises veilleront également à anticiper les besoins des salariés en situation de handicap dans les projets de réorganisation ou d'évolution, notamment en prévoyant des bilans de compétences pour les accompagner dans ces transitions.