2.1. Identification et rôle des acteurs à mobiliser au sein des entreprises
Les signataires de l'accord ont souhaité identifier et préciser le rôle des acteurs à mobiliser pour la mise en œuvre de la politique d'insertion et de maintien dans l'emploi des personnes en situation de handicap :
– les salariés eux-mêmes notamment pour le volet prévention et leur maintien en emploi. Ils peuvent saisir leur responsable hiérarchique, le service ressources humaines ou, lorsqu'il existe, le référent handicap pour les informer de leur situation de handicap ;
– la direction de l'entreprise, la direction des ressources humaines, l'encadrement de proximité, les services qualité, hygiène-sécurité et environnement ont un rôle essentiel dans l'impulsion et la conduite de la politique concernant les personnes en situation de handicap. Leur engagement est nécessaire à l'application des politiques définies notamment en ce qui concerne le conseil et l'accompagnement des bénéficiaires de l'obligation d'emploi des personnes en situation de handicap ;
– les services de prévention et de santé au travail (médecin du travail, auxiliaires médicaux…) sont notamment une source de proposition en matière d'adaptation des postes et de modification des procédures de travail. Le médecin du travail conseille l'employeur et les salariés sur l'adaptation du travail à la santé et leur concertation est indispensable pour l'anticipation des situations à risques en matière de désinsertion professionnelle en lien avec l'évolution de l'état de santé des salariés ;
– les représentants du personnel (CSE, CSSCT, délégués syndicaux) sont informés et consultés sur la politique handicap de l'entreprise et sur les mesures à prendre ;
– le référent handicap (voir point 2.2 ci-dessous) ;
– les acteurs extérieurs (ergonomes, experts à l'accompagnement à la reconversion professionnelle, CARSAT, CRAM, l'Agefiph, Cap emploi, France Travail, maisons départementales des personnes handicapées…) sont sollicités en tant que de besoin pour faciliter la définition et la mise en œuvre des politiques handicap des entreprises.
2.2. Référent handicap
La loi « Avenir professionnel » du 5 septembre 2018 rend obligatoire pour les entreprises d'au moins 250 salariés la nomination d'un référent handicap.
Le référent handicap est désigné afin de faciliter la mise en œuvre de la politique handicap de l'entreprise.
Il est chargé d'informer, orienter et accompagner les salariés en situation de handicap (art. L. 5213-6-1 du code du travail).
Selon l'Agefiph, le rôle de référent handicap s'articule autour des missions suivantes :
– piloter et animer la politique handicap de l'entreprise :
le référent handicap favorise le recrutement, l'insertion et le maintien dans l'emploi des personnes en situation de handicap. Il organise la prise en compte des situations de handicap dans l'entreprise et accompagne la mise en œuvre d'une politique handicap ;
– accompagner les collaborateurs en situation de handicap ou de maladie invalidante :
le référent handicap rencontre les salariés en situation de handicap, fait le point sur leurs besoins, les aménagements à mettre en place (accompagnement humain, aides techniques…) pour concilier leur emploi et leur handicap avec, a minima, le service de prévention et de santé ;
– suivre l'obligation d'emploi (OETH) :
le référent handicap s'informe des obligations de son entreprise en matière d'emploi des personnes en situation de handicap (OETH), identifie et met en œuvre les actions qui vont permettre à l'entreprise d'atteindre voire de dépasser le taux d'emploi de 6 % de salariés handicapés ;
– communiquer sur les actions mises en place :
le référent handicap communique sur la mise en place du plan d'action handicap, sur les résultats, les expériences réussies, les objectifs à atteindre en interne comme en externe (développement de partenariats avec des acteurs de l'emploi et du handicap et notamment le réseau des Cap emploi/France Travail) ;
– informer et sensibiliser les collaborateurs au handicap :
le référent handicap mets en œuvre les moyens de communication qui lui semblent les plus adaptés à l'entreprise et à ses salariés pour les informer et sensibiliser au handicap : flyers, expositions, etc. Le référent handicap informe l'entreprise au sujet du recours aux entreprises adaptées (EA), aux établissements et services d'accompagnement par le travail (ESAT), aux travailleurs indépendants handicapés (TIH).
• Depuis le 31 mars 2022, le référent handicap peut, si un salarié en fait la demande, participer au rendez-vous de liaison et aux échanges liés aux aménagements de poste ou du temps de travail à la suite d'une visite de mi-carrière.
• Pour les entreprises de la branche dont les effectifs sont inférieurs à 250 salariés, l'employeur est invité à confier tout ou partie des missions du référent handicap à un membre de l'équipe de direction chargé de piloter la politique handicap de l'entreprise.
Il participe à l'information des instances représentatives du personnel lors des réunions où la politique handicap de l'entreprise est évoqué.
Les signataires du présent accord l'incitent à participer à un réseau des « référents handicap » mis en place au sein de la branche et qui sera réuni une fois par an à l'initiative du SAMERA.
Lors de l'identification du référent handicap les signataires du présent accord recommandent à l'entreprise de porter une attention particulière aux conditions d'exercice de ses missions :
– définition d'un temps dédié à l'exercice de sa mission ;
– mise en œuvre d'une formation adaptée à ses besoins (programme de formation mise en place par la branche de la propreté) ;
– information du comité social et économique (CSE) de la personne désignée en tant que référent handicap.
2.3. Sensibilisation des employeurs et des salariés
Les signataires de l'accord rappellent que les frais engagés par l'entreprise au titre de la formation et de la sensibilisation de l'ensemble des salariés dans le cadre de l'embauche ou du maintien dans l'emploi de collaborateurs en situation de handicap peuvent faire partie des dépenses prévues par la loi pouvant être déduites à hauteur de 10 % maximum de la contribution liée à l'obligation d'emploi des travailleurs handicapés (OETH).
Afin de lever les freins qui peuvent conduire certains salariés à ne pas engager la démarche de déclaration à l'employeur de leur situation de handicap, les signataires invitent les entreprises à mener, auprès des salariés, des actions de sensibilisation sur les démarches administratives à réaliser en termes de reconnaissance du handicap, à apporter aux salariés concernés leur soutien, et à faire connaître en interne leur politique de maintien dans l'emploi.