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Texte officiel · en vigueur depuis le 24 juillet 2026Les épizooties d'influenza aviaire qui se sont succédées depuis 2015, et notamment l'épisode particulièrement important en France en 2022-2023, ont fortement impacté les capacités de production de volailles. Les deux bassins les plus touchés en France ont été le sud-ouest de la France et les Pays de la Loire.
Les troupeaux de volailles reproductrices, qui produisent les futures volailles de chair, ont été affectés par ces épizooties et peinent à retrouver leurs capacités de production. Il est donc difficile de remplir les élevages de poulets et de dindes, dans un marché européen en forte tension. Cela peut mener à des ruptures d'approvisionnement dans les abattoirs et usines de transformation.
Ce phénomène est accentué par les épisodes d'influenza aviaire dans les pays voisins et particulièrement en Pologne en 2024-2025. Ce pays étant le premier producteur, d'œufs à couver et de poulets de chair, le manque de production engendré par l'abattage des troupeaux provoque des perturbations importantes sur l'ensemble du marché européen.
Concomitamment, l'influenza aviaire sévit à nouveau en France, en particulier en Vendée, depuis l'automne 2025. Plus de 70 cas ont été reportés fin novembre 2025, principalement sur les élevages de canards, de poulets et de dindes. La situation est évolutive, liée à des mouvements de faune sauvage et à des contaminations inter-élevages. Cet épisode entraîne à nouveau des dépeuplements de foyers, mais également des restrictions de mise en place d'animaux en élevages, qui impacteront fortement la production (et donc les abattages) sur le premier semestre 2026. Cet épisode interroge également sur l'ajustement des protocoles vaccinaux et l'importance des mesures de biosécurité et de surveillance, tout en mettant en lumière que ces dispositifs ne protègent pas à 100 % les filières avicoles.
Par ailleurs, les marchés français et européen du canard à rôtir traversent une période de faible demande, prolongée, due à l'inflation post-covid et au changement des modes de consommation consécutif aux crises d'influenza aviaire sur le territoire. Le canard n'étant plus proposé à la carte ou en rayon pendant quelques mois, les consommateurs s'en sont détournés. La consommation a reculé de 12,6 % sur les douze derniers mois (source bulletin ANVOL août 2025). La filière a par ailleurs des stocks importants de viande congelée, moins valorisée que la viande fraîche. De ce fait, les mises en place d'animaux en élevage ont fortement ralenti (– 16,5 % sur les 5 premiers mois 2025/2024 – source FranceAgriMer d'après SSP) et l'activité des abattoirs s'en trouve affectée pour une durée indéterminée. Les volumes abattus sur les cinq premiers mois de l'année 2025 sont en baisse de 30 % par rapport aux cinq premiers mois de 2024 (source FranceAgriMer d'après SSP).
Enfin, les produits sous signes de la qualité et de l'origine (SIQO) ont connu une baisse de consommation importante en période d'inflation et ne retrouvent pas les niveaux antérieurs, contrastant avec un marché en demande pour des volailles standard. Les abattoirs dont l'activité principale est d'abattre des volailles sous SIQO sont donc contraints de diminuer leur activité. La situation est similaire pour la pintade, produit de spécialité qui connaît une consommation atone.
Sous réserve de l'évolution de la situation sanitaire, économique et réglementaire, les perspectives d'activité des entreprises de la branche sur les années 2026, 2027 et jusqu'au printemps 2028 s'inscrivent dans un contexte de progression des volumes de production.
Pour les trois années à venir, les projections tendancielles sur la consommation de volaille (hors crise/aléa exceptionnel) sont orientées à la hausse, avec une augmentation d'environ 1 % par an. Cette consommation est tirée par la viande de poulet (+ 1,4 à + 1,5 % selon les années), toujours très plébiscitée, notamment grâce à une dynamique importante en restauration hors domicile, tandis que les autres espèces sont en régression (autour de 1 % par an).
| Consommation kg/habitant/an |
2025 | 2026 | 2027 | 2028 | 26/25 | 27/26 | 28/27 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Volailles | 32 | 32 | 33 | 33 | 1,0 % | 1,0 % | 1,0 % |
| Poulet | 26 | 26 | 27 | 27 | 1,5 % | 1,4 % | 1,4 % |
| Dinde | 4 | 3 | 3 | 3 | - 1,0 % | - 1,0 % | - 1,0 % |
| Canard | 2 | 2 | 2 | 2 | - 1,0 % | - 1,0 % | - 1,0 % |
| Pintade | 0 | 0 | 0 | 0 | - 1,0 % | - 1,0 % | - 1,0 % |
| Sources : projections ITAVI. | |||||||
Avec cette dynamique de consommation, la production devrait être en progression sur ce même pas de temps pour l'ensemble des filières volailles de chair. Toutefois le rythme d'évolution de la production ne sera pas au même niveau que celui de la consommation (difficulté d'installer de nouveaux poulaillers, importations très compétitives…). Sur le territoire national, les abattages de poulets, en hausse, permettraient de compenser la baisse de production des autres espèces.
| Abattages (1 000 téc) |
2025 | 2026 | 2027 | 2028 | 26/25 | 27/26 | 28/27 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Volailles | 1 679 | 1 683 | 1 691 | 1 692 | 0,2 % | 0,5 % | 0,0 % |
| Poulet | 1 234 | 1 239 | 1 250 | 1 255 | 0,4 % | 0,9 % | 0,4 % |
| Dinde | 249 | 249 | 248 | 246 | 0,2 % | - 0,7 % | - 0,7 % |
| Canard | 173 | 172 | 170 | 168 | - 0,5 % | - 1,0 % | - 1,0 % |
| Pintade | 23 | 23 | 23 | 22 | - 1,0 % | - 1,0 % | - 1,0 % |
| Sources : projections ITAVI. | |||||||
Pour les filières sous signes officiels de qualité (SIQO), la production (viande de poulet) serait en légère progression après plusieurs années de baisse, sans retrouver le niveau du pic atteint en 2018.
(Pas de projet SIQO pour les autres espèces).
| 1 000 téc | 2025 | 2026 | 2027 | 2028 | 26/25 | 27/26 | 28/27 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Poulet label | 154 | 154 | 155 | 156 | - 0,4 % | 0,9 % | 0,4 % |
| Poulet bio | 16,2 | 18,3 | 18,6 | 18,7 | 13,3 % | 1,3 % | 0,5 % |
| Sources : projections ITAVI. | |||||||
C'est pourquoi, dans ce contexte de crise sanitaire, les parties signataires du présent accord souhaitent apporter leur soutien à l'emploi des salariés des entreprises relevant de la convention collective nationale des industries de la transformation des volailles à travers la mise en place d'un dispositif renforcé d'activité partielle de longue durée rebond, ci-après « APLD rebond ».
L'APLD rebond est en effet un dispositif destiné à assurer le maintien de l'emploi dans les entreprises confrontées à une réduction d'activité durable qui n'est pas de nature à compromettre leur pérennité.
Le présent accord de branche est conclu en application de l'article 193 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025 et au décret n° 2025-338 du 14 avril 2025, pour permettre le recours à l'APLD rebond, en l'absence d'accord collectif d'établissement, d'entreprise ou de groupe, par la voie d'un document élaboré par l'employeur au niveau de l'entreprise ou de l'établissement.
Les parties signataires du présent accord sensibilisent les entreprises sur l'opportunité de mettre à profit les périodes chômées au titre de l'activité partielle pour maintenir et développer les compétences des salariés.
Grâce à ce dispositif, les entreprises pourront, sous réserve de prendre des engagements spécifiques en termes d'emploi et de formation professionnelle, mettre en œuvre l'activité partielle, dans des conditions plus favorables pour leurs salariés.
Par cet accord, les parties signataires du présent accord entendent réaffirmer leur volonté de défendre l'emploi des salariés.