Depuis la mise en place de la classification conventionnelle en 1981, des facteurs d'évolution importants sont venus impacter le fonctionnement des entreprises de la branche et de l'organisation du travail, tels que la digitalisation des métiers et l'évolution des technologies d'une façon générale, l'évolution de la réglementation ou encore de l'environnement de travail. Des emplois ont disparu, alors que d'autres sont apparus.
Constatant que la classification existante ne reflétait plus l'évolution des emplois et des compétences de la branche, les partenaires sociaux sont convenus de la nécessité de réviser en profondeur la classification pour s'adapter aux évolutions des activités et de l'organisation des entreprises de la branche, qui sont pour l'essentiel des TPE/PME, ainsi qu'aux attentes des salariés.
En concluant le présent accord, les partenaires sociaux ont réaffirmé que la classification constitue un élément essentiel de la politique de gestion des emplois et des parcours professionnels et permet de garantir la mixité des emplois et l'égalité professionnelle des femmes et des hommes.
Ils ont également affirmé leur volonté d'améliorer par la négociation les conditions d'emploi des salariés, en mettant en place une classification qui traduise la progression et la valorisation des compétences au sein de la branche, et qui tienne compte de la polyvalence inhérente à de nombreux emplois, ainsi, le cas échéant, de la poly-compétence.
Ils ont enfin travaillé dans une logique d'amélioration de l'attractivité des secteurs d'activités représentés au sein de la branche et de fidélisation des salariés.
Par la refonte de la classification des emplois, les partenaires sociaux ont souhaité doter la branche d'un support fonctionnel et au service de trois objectifs principaux.
1° Un positionnement des emplois et une rémunération minimale qui reconnaît les exigences de compétences et de responsabilité des emplois de la branche.
La classification mise en place permet, grâce aux critères classants notamment, d'effectuer une pesée des postes dans l'emploi qui soit :
– claire, objectivant de manière transparente et partagée les exigences de l'emploi ;
– précise et fine, par cinq critères complémentaires, et grâce à la possibilité de recourir à un très grand nombre de combinaisons possibles des critères classants pour être au plus près des exigences de tel ou tel emploi ;
– équitable dans le positionnement des emplois les uns par rapport aux autres, notamment entre les familles de métiers, qui sont toutes valorisées ;
– spécifique à la branche, les critères ayant été choisis pour évaluer les éléments qui comptent dans la fixation des rémunérations du négoce agricole ;
– pédagogique et simple d'usage, quelles que soient la taille et l'organisation de l'entreprise ;
– durable dans le temps, limitant les risques d'obsolescence face aux évolutions des métiers.
2° Un support de soutien au développement des parcours professionnels.
La classification est mise à disposition tant des salariés pour faciliter leur compréhension de leur progression professionnelle au sein de la branche, que des employeurs pour développer la gestion des emplois et des parcours professionnels au sein de leur entreprise, quelle que soit sa taille.
En effet, la comparaison critère par critère des pesées de deux postes permet d'apprécier concrètement le delta de compétences à acquérir pour rendre possible une mobilité de l'un à l'autre. Ce delta peut être comblé par la formation ou l'expérience, permettant le cas échéant d'accéder à un nouveau poste voire à un nouvel emploi lorsque l'opportunité s'en présente.
Un tel support permettra partout où cela est pertinent de définir un ou plusieurs postes pour différents emplois, permettant de donner à voir les évolutions entre les postes d'un même emploi, voire entre emplois ou métiers différents. Les parcours les plus pertinents pourraient ainsi être mis en valeur au sein des différentes familles de métiers, voire entre elles, encourageant les salariés et leur encadrement intermédiaire à s'emparer de ces opportunités de progression.
3° Un vecteur de valorisation de la branche.
Par sa simplicité, sa clarté et son efficience et par les perspectives d'évolution qu'elle favorise, cette classification développe l'attractivité de la branche auprès de ses partenaires et de ses futurs collaborateurs.
Grâce à la mise en place de son référentiel commun de positionnement et de mesure des compétences requises, la nouvelle classification favorise le développement d'une culture partagée de la politique de l'emploi et de la formation au niveau de la branche, dont elle renforce la cohérence et la force. Elle en éclaire en outre la situation et les évolutions au plan social, grâce aux consolidations statistiques globales qu'elle facilite.
Les parties conviennent donc au moyen du présent accord de réviser la classification conventionnelle de la branche.