Dernière fiche de paie et solde de tout compte 2026

Dernière fiche de paie et solde de tout compte : le guide employeur

Un salarié quitte l'entreprise — démission, fin de CDD, licenciement ou rupture conventionnelle — et deux documents se retrouvent souvent confondus : le dernier bulletin de paie et le reçu pour solde de tout compte. Le premier détaille et soumet à cotisations tout ce qui est versé à la sortie ; le second en dresse l'inventaire signé. Entre les deux s'intercalent l'indemnité compensatrice de congés payés, l'éventuel préavis non effectué, la prime de précarité d'un CDD ou l'indemnité de rupture. Ce guide explique à l'employeur, poste par poste, ce que doit contenir la dernière paie selon le motif de départ en 2026, quels documents remettre, et comment produire un bulletin de sortie conforme en quelques minutes.

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Deux documents distincts : le bulletin solde tout, le reçu l'inventorie

Le dernier bulletin de paie est un bulletin comme les autres, augmenté des sommes liées au départ : il calcule le brut, applique les cotisations et aboutit au net versé. Le reçu pour solde de tout compte (article L1234-20 du Code du travail) est un document séparé, établi par l'employeur, qui fait l'inventaire des sommes versées lors de la rupture : salaire du dernier mois, indemnités de congés payés, de préavis, de rupture, primes au prorata.

Confondre les deux expose à des erreurs symétriques : un reçu sans bulletin ne justifie ni les cotisations ni le net social ; un bulletin sans reçu prive l'employeur de l'effet libératoire attaché au reçu signé. En pratique, les deux documents se préparent ensemble, à partir des mêmes montants, et se remettent le même jour.

Ce que le dernier bulletin doit solder

Le salaire jusqu'au dernier jour et les compteurs en cours

La base : les jours travaillés jusqu'à la date de sortie, les heures supplémentaires non encore payées, les primes contractuelles ou conventionnelles au prorata (13e mois, prime de vacances), et le solde des repos non pris lorsque leur monétisation est prévue.

L'indemnité compensatrice de congés payés (ICCP)

Tous les congés acquis et non pris à la date de rupture sont convertis en indemnité, calculée selon la règle la plus favorable entre le dixième de la rémunération de la période de référence et le maintien de salaire (articles L3141-24 et suivants du Code du travail). L'ICCP est due quel que soit le motif de départ — y compris en cas de faute grave ou de faute lourde — et supporte les cotisations comme du salaire.

L'indemnité compensatrice de préavis

Si l'employeur dispense le salarié d'exécuter son préavis, il doit lui verser l'équivalent du salaire qu'il aurait perçu, avantages compris. Cette indemnité est soumise à cotisations. Rien n'est dû, en revanche, quand la dispense est accordée à la demande du salarié ou en cas de faute grave privative de préavis.

Les indemnités de rupture proprement dites

Selon le motif : l'indemnité légale de licenciement — un quart de mois de salaire par année d'ancienneté jusqu'à dix ans, un tiers au-delà (article R1234-2), dès huit mois d'ancienneté — ou l'indemnité conventionnelle si elle est plus favorable ; l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle, au moins égale à l'indemnité légale, sur laquelle l'employeur acquitte en 2026 une contribution patronale de 40 % ; l'indemnité de fin de contrat de 10 % pour un CDD. Ces indemnités de rupture, contrairement aux précédentes, sont exonérées de cotisations et d'impôt dans certaines limites (référence au plafond annuel de la Sécurité sociale, 48 060 € en 2026) : au-delà, la fraction excédentaire est réintégrée.

Les éléments du dernier bulletin selon le motif de départ

Élément Démission Fin de CDD Licenciement Rupture conventionnelle
Salaire jusqu'au dernier jour Oui Oui Oui Oui
ICCP (congés non pris) Oui Oui (au moins 10 % du brut) Oui, même en cas de faute Oui
Indemnité compensatrice de préavis Non (préavis effectué) Sans objet Si dispense par l'employeur Sans objet
Indemnité de fin de contrat (10 %) Non Oui, sauf exceptions Non Non
Indemnité de licenciement Non Non Oui (légale ou conventionnelle) Non
Indemnité spécifique de rupture conventionnelle Non Non Non Oui (au moins l'indemnité légale)

Cas particuliers à garder en tête : le départ volontaire à la retraite ouvre droit à une indemnité spécifique (d'un demi-mois à deux mois de salaire selon l'ancienneté), la mise à la retraite par l'employeur à l'indemnité de licenciement ; en cas de décès du salarié, les sommes sont versées aux ayants droit.

Le reçu pour solde de tout compte : forme et effet libératoire

Le reçu est établi en double exemplaire — la mention doit y figurer — et l'un des exemplaires est remis au salarié (article D1234-7 du Code du travail). Il liste chaque somme versée, poste par poste : un reçu global et forfaitaire n'a pas d'effet. Le salarié n'est pas obligé de le signer, et sa signature ne vaut pas renonciation à contester.

L'intérêt du reçu signé est ailleurs : le salarié dispose de six mois à compter de la signature pour le dénoncer, par lettre recommandée motivée (article D1234-8). Passé ce délai, le reçu devient libératoire pour l'employeur, mais uniquement pour les sommes qui y sont expressément mentionnées. Non signé, il ne vaut que comme simple reçu des sommes versées, et les délais de prescription de droit commun s'appliquent — douze mois pour contester la rupture, trois ans pour les rappels de salaire.

Les autres documents de fin de contrat

Quel que soit le motif de départ, l'employeur tient à la disposition du salarié à la fin du contrat : le certificat de travail (dates d'entrée et de sortie, nature des emplois occupés et périodes, mention de la portabilité de la mutuelle et de la prévoyance) ; l'attestation France Travail, transmise par voie dématérialisée via la DSN et remise au salarié, qui lui permettra de faire valoir ses droits au chômage ; et, le cas échéant, l'état récapitulatif de l'épargne salariale. Le tout accompagne le dernier bulletin et le reçu pour solde de tout compte.

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Questions fréquentes

Quelle différence entre le dernier bulletin de paie et le solde de tout compte ?

Le dernier bulletin est une fiche de paie complète : il calcule le brut des sommes de sortie, applique les cotisations et détermine le net. Le reçu pour solde de tout compte est un document séparé qui fait l'inventaire des sommes versées lors de la rupture. Les deux se préparent ensemble et se remettent le même jour.

Le salarié est-il obligé de signer le reçu pour solde de tout compte ?

Non. La signature n'est pas obligatoire et ne le prive pas de recours. Un reçu signé fait toutefois courir le délai de dénonciation de six mois, au terme duquel il devient libératoire pour l'employeur pour les sommes expressément mentionnées.

Quel est le délai pour dénoncer un solde de tout compte ?

Six mois à compter de la signature, par lettre recommandée précisant les motifs (articles L1234-20 et D1234-8 du Code du travail). Si le reçu n'a pas été signé, ce délai ne s'applique pas et les prescriptions de droit commun jouent : douze mois pour contester la rupture, trois ans pour les salaires.

L'indemnité de congés payés est-elle due en cas de faute grave ?

Oui. L'ICCP correspondant aux congés acquis et non pris est due quel que soit le motif de la rupture, y compris en cas de faute grave ou de faute lourde. Seule l'indemnité compensatrice de préavis est perdue lorsque la faute grave prive le salarié de préavis.

Les indemnités de rupture sont-elles soumises à cotisations ?

L'ICCP, l'indemnité de préavis et la prime de précarité sont du salaire : cotisations et impôt s'appliquent. Les indemnités de licenciement et de rupture conventionnelle sont exonérées dans certaines limites calées sur le plafond annuel de la Sécurité sociale ; la fraction excédentaire est réintégrée.

Quels documents remettre au salarié qui quitte l'entreprise ?

Quatre documents : le dernier bulletin de paie, le certificat de travail, l'attestation France Travail et le reçu pour solde de tout compte — plus l'état récapitulatif de l'épargne salariale le cas échéant. Ils sont établis à la date de fin du contrat.

Quand le solde de tout compte doit-il être payé ?

Les sommes sont exigibles à la fin du contrat, avec la remise des documents de fin de contrat — en pratique au dernier jour travaillé ou à la date habituelle de paie du mois de sortie pour les éléments calculés en paie. Tout retard injustifié expose l'employeur à des dommages et intérêts.

Le générateur permet-il d'établir le dernier bulletin ?

Oui. Vous ajoutez au bulletin du mois de sortie les lignes d'ICCP, d'indemnité de préavis ou d'indemnités de rupture, et l'outil calcule les cotisations aux taux en vigueur avant de produire un PDF conforme au format simplifié — sans abonnement, à l'unité.

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Sources et textes de référence

  • Article L1234-20 du Code du travail (reçu pour solde de tout compte, dénonciation dans les six mois)
  • Articles D1234-7 et D1234-8 du Code du travail (double exemplaire, forme de la dénonciation)
  • Articles L1234-19 et D1234-6 du Code du travail (certificat de travail)
  • Article R1234-9 du Code du travail (attestation France Travail)
  • Articles L1234-9 et R1234-2 du Code du travail (indemnité légale de licenciement)
  • Articles L3141-24 et suivants du Code du travail (indemnité de congés payés)
  • PASS 2026 : 48 060 € (limites d'exonération des indemnités de rupture)