Présentation de la branche BJOH
La branche BJOH regroupe trois secteurs :
– le secteur de la fabrication en bijouterie joaillerie orfèvrerie, perles et activités qui s'y rattachent ;
– le secteur de la fabrication en bijouterie de mode ;
– le secteur de la distribution en horlogerie.
A. Les secteurs de la fabrication
1. La bijouterie-joaillerie concerne les activités liées à la fabrication de bijoux en métal précieux. Elle représente l'ensemble de la chaîne de valeur de la fabrication joaillère française incluant les grands groupes de luxe, les négociants en pierres et métaux précieux, les ateliers, manufactures et cotraitants, ainsi que les fondeurs affineurs et concepteurs-créateurs.
Il se situe au cœur de l'industrie française du luxe et de l'artisanat d'art.
20 000 salariés sont employés dans ce secteur et les deux dernières années ont été marquées par une forte croissance de l'activité, qui s'est traduite par la création de plus de 7 000 postes entre 2023 et 2025 (données brutes France Travail).
• Rappel des chiffres 2024 :
– en production : le chiffre d'affaires de la production a atteint 5,7 milliards d'euros (+ 4,5 % sur 2023) ;
– à l'exportation : le chiffre d'affaires de l'exportation représente un montant de 8 milliards d'euros avec un taux de couverture des importations par les exportations de 168 %, soit un excédent de 2 milliards d'euros.
2. La bijouterie de mode :
Le secteur de la bijouterie de mode (appelé également « bijouterie fantaisie ») regroupe une large diversité d'acteurs : indépendants, TPE-PME, ateliers de fabrication et maisons de luxe.
La bijouterie de mode représente environ 2 000 salariés et 300 entreprises rattachées à la branche BJOH.
• Rappel des chiffres 2024 :
– en production : le chiffre d'affaires réalisé a atteint pour la fantaisie : 506 millions d'euros (soit – 2 % sur 2023) – sources Francéclat ;
– à l'exportation : le chiffre d'affaires réalisé a été de 788 millions d'euros (soit – 5 % sur 2023) – sources Francéclat.
B. Le secteur de la distribution
L'horlogerie
Le secteur regroupe les principales marques d'horlogerie distribuées en France. Sont ainsi représentés les grands groupes de luxe comme les marques émergentes du secteur. Leur activité est essentiellement orientée vers la distribution qui connaît de grands bouleversements actuellement. En effet, historiquement, la distribution en France était très ancrée dans les magasins physiques (boutiques de centre-ville, bijouteries spécialisées, grands magasins) mais la vente à distance (e-commerce) a connu une progression marquée, notamment depuis la pandémie, avec une adoption croissante par les consommateurs, même si les ventes en point de vente restent prédominantes pour les montres de gamme moyenne à élevée pour lesquelles les marques ont tendance à ouvrir de manière plus récurrente des magasins en propre. C'est près de 3 000 personnes qui sont ainsi employées sur ce segment d'activité, les activités de production de composants étant quant à elles majoritairement effectuées à l'étranger ou couvertes par d'autres CCN.
• Rappel des chiffres 2024 :
En France :
Le chiffre d'affaires réalisé pour la vente au détail de montres atteignait près de 2,3 milliards d'euros.
Sources : estimations menées par divers cabinets d'études (EY/ Deloitte…).
Le secteur est porté par une forte demande pour les montres traditionnelles, connectées et de luxe, ainsi qu'une expérimentation accrue de formats de vente immersifs dans les boutiques physiques pour renforcer l'expérience client.
C. État des lieux 2025 de la branche BJOH et contexte 2026
1. En ce qui concerne les secteurs de la fabrication de la bijouterie-joaillerie
a) La bijouterie-joaillerie :
Après trois années de croissance, une nette décélération de l'activité est constatée.
En témoigne la forte baisse de 10 % constatée sur le mois d'août 2025 dans les statistiques de production éditées par le comité Francéclat.
Les raisons de ce ralentissement s'expliquent notamment par l'augmentation du cours de l'or, les difficultés liées aux droits de douane américains, ainsi qu'un fléchissement général de l'activité économique.
b) La bijouterie de mode :
Une baisse de 10 % est également mesurée en août 2025 dans les statistiques de Francéclat.
2. En ce qui concerne le secteur de la distribution en horlogerie
À date, en raison de l'instauration des droits de douane américains, les impacts du ralentissement économique se sont fait ressentir principalement en Suisse, berceau de la fabrication horlogère, le secteur de la distribution en France poursuivant ses mutations.
En conséquence, le secteur de la fabrication connaissant aujourd'hui en France un net ralentissement de son activité économique, la branche souhaite mettre en œuvre un accord de mesures d'urgence pour soutenir l'emploi et la formation professionnelle.
La branche souhaite en effet accompagner les entreprises confrontées à de graves difficultés économiques conjoncturelles dans leurs démarches de formation des salariés pour favoriser le maintien et le développement de leurs compétences.
Aussi dans la perspective des deux prochaines années 2026 et 2027, appartient-il à la branche de proposer les ajustements nécessaires pour contribuer à la mobilisation massive des capacités de formation, le contexte actuel de ralentissement de l'activité mettant en lumière une nécessaire adaptation des capacités de production des entreprises, en proie à une sous-activité temporaire.
La mise en place de mesures d'urgence permettra aux entreprises concernées de pouvoir disposer de l'intégralité de leur capacité de production lorsque la reprise de l'activité se fera sentir.
Ainsi les mesures énoncées dans cet accord ont donc pour objectifs :
– de maintenir l'attractivité des métiers de la bijouterie-joaillerie-horlogerie ;
– de défendre l'emploi en permettant un recours large aux dispositifs de formation permettant le développement des compétences et des qualifications et les reconversions professionnelles en période de sous-activité de la fabrication ;
– de permettre aux entreprises de la filière d'anticiper les évolutions nécessaires sur les process et les compétences afin de s'adapter plus facilement aux nouvelles dynamiques de production et des besoins des clients ;
– de lutter contre l'obsolescence des compétences en favorisant la transmission des savoir-faire spécifiques à la filière.
Ces objectifs font également écho aux dispositifs exceptionnels de soutien mobilisés par la branche en 2009 et en 2020 lors de la crise du Covid-19 et dont l'efficacité avait permis à la filière de maintenir les emplois et de se redresser économiquement.
À cet effet disposant de fonds conventionnels en matière de formation, selon l'accord paritaire du 18 juin 2015, la branche entend mobiliser également cette enveloppe, pour abonder tout dispositif utilisé par les entreprises pour placer les salariés en situation de formation et limiter le recours massif au chômage ou à l'activité partielle.
En conséquence, les signataires du présent accord conviennent de la nécessité d'adapter les dispositifs existants aux nouvelles conditions socioéconomiques dans lesquelles les entreprises et salariés doivent désormais évoluer, ces aménagements nécessitant une capacité de réactivité et d'innovation très forte rendue possible par la qualité du dialogue social au sein de la branche.